Toilette

Les toilettes désignent le lieu où une personne peut uriner et déféquer, et généralement se soulager de ses déjections corporelles comme les vomissements.



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Toilettes - Plomberie

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Définitions :

  • toilettes - Petit espace clos utilisé pour se soulager des déjections corporelles, telles que l'urine, les selles et les vomissures (source : fr.wiktionary)
Toilettes à chasse d'eau avec siège, en Europe.
Toilettes respectant les traditions japonaises.

Les toilettes désignent le lieu où une personne peut uriner et déféquer, et généralement se soulager de ses déjections corporelles comme les vomissements. Le même mot sert à désigner l'appareil sanitaire utilisé pour recevoir et évacuer ces déjections : cet appareil consiste fréquemment en une cuvette ou bol de toilette, donnant la possibilité soit de s'asseoir soit de s'accroupir. Les déjections peuvent être ensuite évacuées avec de l'eau vers les égouts ou une fosse septique (toilettes à chasse d'eau et siphon), ou dans ce cas se déposent dans un conteneur ou une fosse (toilettes sèches) sous la toilette. Les toilettes font ainsi partie du dispositif d'assainissement.

Dans une maison, les toilettes peuvent faire partie de la salle de bains ou former une pièce dédiée. Les dispositifs moins avancés sont fréquemment localisés hors de la maison, dans une petite structure. En-dehors des maisons, on trouve des toilettes dans les bars et restaurants, dans les lieux publics (toilettes publiques) et dans certains transports comme les trains interurbains et les avions.

Les toilettes ont connu de nombreuses évolutions, la principale étant l'invention de la chasse d'eau au XVIe siècle et la révolution sanitaire en Europe au XIXe siècle. Leur forme actuelle fluctue toujours beaucoup selon les cultures. Les dispositifs les plus simples comprennent un simple trou dans le sol recouvert d'une planche de bois ; les plus particulièrement élaborés incluent des dispositifs de nettoyage programmable, comme certaines toilettes japonaises. Entre les deux, une grande variété de dispositifs existent, dont les latrines ventilées, les toilettes à compost et autres toilettes écologiques, les urinoirs...

En 2004, il restait toujours à peu près 2, 6 milliards de personnes dans le monde qui ne disposaient pas de toilettes dites «perfectionnées» (soit 41 % de la population mondiale), c'est-à-dire devant quotidiennement utiliser des toilettes publiques, ou des lieux insalubres et inadaptés, ou alors devant faire leurs besoins dans la nature[1]. L'immense majorité habite dans les pays en développement et surtout en Asie du Sud et en Afrique. Cette situation est qualifiée de «crise sanitaire globale»[2] à cause des conséquences non seulement sur la santé publique, mais également pour la dignité et l'état de pauvreté des personnes affectées. L'année 2008 a ainsi été déclarée «année mondiale de l'assainissement» par l'Assemblée générale des Nations unies[3].

Origine de «toilette (s)»
Comme d'autres modes françaises des années 1680, le mot «toilette» était employé dans de nombreux pays, et désignait à l'origine les objets de coiffure et de soin du corps disposés sur une table à habiller couverte de tissu et de dentelle, sur laquelle se tenait un miroir qui pouvait aussi être drapé de dentelle : la totalité était une toilette.

Le mot toilette a été adopté par euphémisme pour «water closet» depuis l'expression «salle de toilette», quoique «powder room» (salle à poudre) puisse être employée de façon pudique ou euphémistique actuellement. Ce changement était lié à l'introduction des toilettes publiques (comme dans les trains) qui nécessitaient une indication sur la porte. L'utilisation originale est devenue indélicate et a en grande partie été remplacée par la table à habiller. Des vestiges du sens original sont reflétés dans des termes comme les articles de toilette et l'eau de toilette. Le mot «toilettes» lui-même peut être reconnu comme impoli dans certaines régions, et ailleurs employé sans embarras.

En France, on dit fréquemment les toilettes (au pluriel), alors qu'en Belgique francophone on dit plutôt la toilette (au singulier). On dit aussi les «cabinets», les «latrines», les WC, ou les «vécés» (prononcé «wécés» en Belgique francophone), jadis on disait aussi le «cabinet d'aisances» ou le «lieu d'aisances». Au Québec, on utilise innettement la toilette ou les toilettes, quoique les expressions salle de bain et salle de toilette soient aussi utilisées.

En argot, on parle de chiottes[4], de gogues ou de goguenot[5]. Par contre si on veut être poli tout en étant plutôt familier, on utilise l'euphémisme aller où le roi ne va qu'à pied, en personne, n'envoie personne, va seul[6]. L'expression «cabinet de toilette» sert à désigner plutôt la salle de bains. «WC» est l'abréviation de l'anglais water closet, mais cette expression est inusitée dans les pays anglophones, où on parle avec euphémisme de rest room ou de wash room (respectivement «salle de repos» et «salle pour se laver», en particulier aux États-Unis; mais lorsque on parle de l'appareil lui-même il est dit "water closet").

En se rapportant à la salle ou à l'équipement de plomberie, le mot toilette est fréquemment remplacé par d'autres euphémismes (et dysphémismes) comme salle de bains , commodités, la selle, nécessaire, salle des messieurs ou des dames, la plus petite pièce ou le petit coin, le trône ou la salle de trône, salle de toilette, chambre à l'eau (de l'anglais, W. C. ou «water closet») ou cabinet d'aisance.

L'origine de «loo» (l'euphémisme britannique) est inconnue, mais on le soupçonne de venir de «Gardy loo!», une corruption de «gardez l'eau», l'expression qui a servi d'avertissement aux passants lorsque des pots de chambre et d'autres réceptacles de rebut se vidaient d'une fenêtre sur la rue, pratique courante avant que les villes aient des réseaux d'égouts.

[réf. nécessaire]

Il existe aussi le canadianisme «bécosse».

Toilettes et latrines

Les «latrines» désignent essentiellement les toilettes les moins avancées, comme les tranchées et les trous dans le sol recouverts d'une simple planche ou alors non recouverts. Le terme reste employé dans l'armée et dans le scoutisme. Il reste fréquemment utilisé dans les pays en développement et quelquefois dans les zones rurales des pays développés. La forme au pluriel («des latrines») est plus fréquemment utilisée en France mais la forme au singulier («une latrine»), perçue comme vieillie[7], est utilisée de prédilection dans d'autres pays francophones, surtout en Afrique et en Haïti.

La différention entre toilettes et latrines n'est pas forcément particulièrement claire. Le terme «latrine» a été fréquemment utilisé par les ONG dans les programmes d'assainissement, pour désigner tout dispositif peu avancé. Mais comme ce terme est fréquemment jugé dépréciatif, le mot «toilette» est aujourd'hui favorisé pour tout dispositif un tant soit peu avancé. Le néologisme «latrinisation» est quelquefois employé par les ONG pour désigner un programme incluant le développement des latrines.

Antiquité : les premières cités assainies
Icône de détail Article détaillé : Hygiène sous la Rome antique.
Bain, toilettes et dispositifs de drainage à Lothal en Inde, datant de la civilisation de la vallée de l'Indus.

L'histoire des toilettes remonte à l'origine de la civilisation : dès qu'la plupart de personnes se trouve réuni au même lieu, il y a besoin d'un dispositif pour évacuer les ordures et les excréments. Les archéologues ont mis au jour des vestiges de réseaux d'eau ou alors de toilettes à chasse d'eau. La ville de Harappa, au XXVe siècle av. J. -C. , dans la civilisation de la vallée de l'Indus) comprenait des toilettes fonctionnant à l'eau dans chaque maison, liées par des drains couverts de briques d'argile cuite ; d'autres villes comme Mohenjo-daro et Lothal présentent des dispositifs identiques. On retrouve des «égouts» en briques identiques en Mésopotamie, mais aussi des tuyaux en terre cuite dans les palais minœns, qui transportaient l'eau sous pression aux fontaines. Des tranchées en pierre transportaient les eaux usées[8]. Des dispositifs identiques auraient existé en Égypte et en Chine ancienne[réf.  souhaitée].

Toilettes publiques antiques à Ostie. Les personnes s'accroupissaient au-dessus du trou, dans lequel tombaient les excréments vite évacués par l'eau des égouts. L'urine s'écoulait dans la rigole au sol.

C'est probablement en Rome antique qu'on trouve les aménagements sanitaires les plus connus. Deux dieux y sont même dédiés : Stercutius pour les «lieux d'aisance» et le fumier, et Crepitus pour les flatulences, ainsi qu'une déesse, Cloacina, qui veillait sur l'égout principal. Ce Cloaca Maxima ne collectait cependant que les eaux de pluie : les excréments étaient déversés dans les rues, où il s'accumulaient dans une canal central jusqu'à ce que la pluie nettoie la rue. Mais Frontin, en charge des eaux vers l'an 100 se plaignit qu'il n'y avait plus assez d'eau pour nettoyer les rues, l'eau étant déviée vers les quartiers périphériques[2].

À Rome, les patriciens utilisaient généralement des pots de chambre, qui étaient vidés par des esclaves. L'empereur Héliogabale était ainsi connu avoir «des pots de chambre en myrrhe et en pierre d'onyx»[9]. De son côté, la plèbe avait recours aux bains publics ainsi qu'aux toilettes publiques, conçues pour évacuer les excréments (de l'eau circulait sous le trou) et l'urine (par la rigole au sol). Les vespasiennes tirent leur nom d'une anecdote touchant l'empereur romain Vespasien (9-79) qui avait eu l'idée d'imposer l'urine. Celle-ci était en effet récupérée par les teinturiers et blanchisseurs à qui elle servait au dégraissage des vêtements. Les auteurs anciens nous racontent que Vespasien, moqué pour ces économies de bouts de chandelles, aurait répondu en substance que «l'argent n'a pas d'odeur»[10].

C'est aussi dans les lieux communautaires qu'on trouve des exemples d'assainissement, comme dans les monastères. Au IVe siècle av. J. -C. , les milliers de moines bouddhistes de la ville d'Anurâdhapura dans l'actuel Sri Lanka utilisaient des pots poreux pour filtrer l'urine, alors que les excréments étaient réutilisés comme engrais. Cette réutilisation des excréments s'est retrouvée dans de nombreuses civilisations où l'agriculture était prépondérante : 90 % des excréments sont toujours réutilisés en Chine aujourd'hui[11], ainsi qu'à Londres jusqu'à la révolution sanitaire du XIXe siècle, les fosses d'aisance étaient vidées manuellement la nuit, et les excréments étaient séchés et emportés sur des carrioles et des barges vers la campagne du Hertfordshire et du Hampshire[12].

Moyen Âge : puanteur en Europe, récupération en Asie

Protubérance pour toilettes au château de Bad Wimpfen, Allemagne, XIIIe siècle.

Le Moyen Âge marque une séparation entre l'Europe et l'Asie. En Asie, les excréments sont fréquemment réutilisés comme engrais, à travers un dispositif organisé. C'était le cas au Yémen où, dans la ville de Sanaa reconnue pour sa propreté par l'historien al-Hamdani, les toilettes étaient de petites pièces en haut des bâtiments, d'où les excréments tombaient dans des fosses en contrebas, au niveau de la rue. Les excréments étaient ensuite vidés régulièrement par une trappe, puis séchés au soleil et utilisés comme carburant[13]. Ce dispositif de récupération existait aussi dans d'autres villes asiatiques comme Kaboul en Afghanistan, où des fosses étaient vidées, et les excréments emmenés vers les champs par carriole[14]. Ces dispositifs permettaient de laisser les excréments sécher et devenir plus «manipulables» — moins désagréables aussi. En Inde par contre, la défécation était pratiquée dans la nature le plus fréquemment, au bord d'une rivière ou de la mer, alors que les toilettes des châteaux débouchaient sur les rivières ou un lieu vide. Au Bhoutan, les dzongs avaient des protubérances en bois servant de toilettes, et surplombant le vide[2].

En Europe, il est dans ce cas plus rare que les excréments soient desséchés. Si les châteaux fonctionnaient comme les monastères du Bhoutan et les forts indiens, où les excréments tombaient dans le vide, les villes connaissaient davantage de problèmes, car il était rare qu'il existe un dispositif organisé de collecte et d'évacuation des excréments. Les habitants utilisaient fréquemment des pots de chambres qui étaient vidés dans les rues avec les ordures. Ainsi, en 1671 à Berlin, les excréments s'accumulaient à un tel point devant une église qu'une loi fut votée obligeant les paysans visitant la ville à en embarquer une partie avec eux en repartant[8]. Paris n'était guère mieux, où les habitants déféquaient directement dans les rues, tandis qu'à Versailles les courtisans faisaient leurs besoins derrière les portes, sur les balcons ou dans les jardins, sans s'en cacher. Les pratiques variaient entre les pays : La Rochefoucauld se dit ainsi choqué par les mœurs anglaises, surtout par les pots de chambre près de la table que les gens utilisaient même au cours du repas, à la vue de tous[15]. L'Angleterre n'était pas mieux que la France : les cabanes au-dessus des rivières ont existé, mais de façon assez marginales. La majorité des «toilettes» débouchaient directement sur des fosses d'aisances rarement étanches, dont le contenu pénétrait dans le sol ou devait être vidé régulièrement. Le contenu était revendu aux fermiers voisins de la ville et , pendant les guerres anglo-espagnoles, revendu pour fabriquer le salpêtre utilisé dans la poudre à canon[16]. Les fosses d'aisance étaient dangereuses et , lorsqu'elle s étaient installées dans les caves, pouvaient aisément déborder comme le raconte Samuel Pepys dans son Journal.

Les problèmes se posaient en particulier dans les villes européennes qui grandissaient ; à la campagne, les latrines étaient couramment utilisées, consistant fréquemment en un banc percé de trous, au-dessus d'une large fosse, le tout dans une cabane scindée de la maison. Dans les villes, les classes aisées utilisaient des pots de chambre, quelquefois fermés et surmontés d'un siège percé plus confortable, vidés par les domestiques[2]. Les classes plus pauvres utilisaient un coin de leur cave ou vidaient un pot de chambre dans la rue. Cette dernière pratique a du être interdite dans les grandes villes : à Londres comme à Paris, il était interdit de décharger de l'eau dans les canaux des rues, jusqu'au milieu du XIXe siècle. Ces conditions vont mener à la création de la chasse d'eau au XVIe siècle ainsi qu'aux égouts au XIXe siècle.

Adoption lente de la chasse d'eau en Europe

Icône de détail Article détaillé : Chasse d'eau.

En 1592, John Harington, poète et filleul de la reine Élisabeth Ire d'Angleterre, crée la première chasse d'eau dans sa maison à Kelston, près de Bath. Après que la Reine ait visité sa maison, elle en fit installer une à Richmond Palace. Quoiqu'aucun exemplaire n'ait survécu, le traité de Harington A New Discourse on a Stale Subject : Called the Metamorphosis of Ajax («Nouveau discours sur un sujet renfermé : nommé la métamorphose d'Ajax») décrivait comment transformer son «pire petit coin» en «meilleure pièce de la maison», pour une somme particulièrement raisonnable pour l'époque[12]. «Ajax» était un jeu de mot avec jakes, l'argot de l'époque pour les toilettes. Comparé aux dispositifs de l'antiquité, qui évacuaient déjà les excréments avec de l'eau, la chasse d'eau de Harington pouvait tenir sans peine dans une petite pièce et déboucher sur une petite fosse d'aisance dans le jardin, alors que les dispositifs antiques étaient pour la majorité communautaires et laissaient les fèces à l'air libre.

L'invention d'Harington ne rencontra pas de grande notoriété de son vivant. Quelques voyageurs venus en Angleterre mentionnent les «machines du petit coin» au XVIIe siècle. Au début du XVIIIe siècle, on trouve quelques chasses d'eau en France : en 1738, les plans d'un bâtiment incluent de tels «lieux à l'Anglaise»[2]. Le premier brevet est déposé par l'horloger Alexander Cummings en 1775. Son innovation majeure est l'ajout d'un tuyau courbé en forme de U, agissant comme siphon et empêchant les odeurs de remonter. L'eau contenue dans le siphon était totalement remplacée à chaque chasse d'eau, donnant la possibilité un nettoyage automatique. Ces toilettes étaient énormément plus compliquées que celles utilisées actuellement, avec de nombreuses vannes d'entrée / sortie et de nombreuses tuyauteries. La chasse d'eau «moderne» avec la cuvette associée était à l'origine destinée aux plus pauvres, et ne s'est répandue qu'à partir des années 1840[2].

À la fin du XVIIIe siècle et en particulier au début du XIXe siècle, le niveau de vie monte et de nombreux habitants des classes moyennes européennes accèdent à la propriété. Le marché des accessoires domestiques s'accroit, et surtout celui des toilettes. Des entrepreneurs comme Thomas Crapper se font connaitre grâce à cet ustensile. Mais les dispositifs d'assainissement ne suivent pas : les toilettes se déversent dans des fosses d'aisance, elles-mêmes vidangées la nuit, et leur contenu permet de fertiliser les champs. La croissance des grandes villes (augmentant le coût du transport) et l'arrivée d'engrais moins cher comme le guano dans les années 1840 menacent ce commerce[2] : dans les grandes villes européennes, les fosses d'aisance ne sont plus vidées, débordent dans les canaux de décharge des eaux de pluie, puis dans les rivières. Des égouts sont quelquefois fabriqués, mais leur coût et les difficultés administratives ne leur permettent pas de remplir leur rôle.

La révolution sanitaire du XIXe siècle

Icône de détail Article détaillé : La Grande Puanteur.

Vers le milieu du XIXe siècle, le niveau de pollution de certaines rivières devient critique. Avec l'été chaud et sec de 1858, la Tamise baisse en volume pour ne plus charrier lentement qu'un flot d'excréments qui révolte et affole la population de Londres. La méconnaissance des mécanismes de transmission des maladies comme le choléra augmente la panique ; la proximité de la Tamise et du Parlement incite les députés à agir promptement. Deux semaines après le pic de la crise, une loi est votée, facilitant la construction d'égouts et débloquant des crédits conséquents. Cet évènement, connu sous le nom de «Grande Puanteur» marque le début de la «révolution sanitaire» que connaissent les métropoles européennes durant la seconde moitié du XIXe siècle[2].

Londres n'est pas l'unique ville à connaître un tel évènement : par exemple, Paris aura sa «Grande Puanteur» de la Seine en août-septembre 1880[17].

Toilettes à terre vs toilettes à eau

Icône de détail Article détaillé : Toilettes sèches.

En Angleterre à partir de 1836, deux dispositifs de toilettes cœxistent : le toilette à eau découvert par Thomas Crooper, et le toilette à terre, découvert par Thomas Sziburne. Des toilettes à terre sont commercialisés dès 1860 par la «Moule Patent Earth-Closet Company ltd», fondée par Henry Moule. La guerre commerciale couvre sur le continent, surtout l'invention du siphon pour les toilettes à eau, et la multiplication des offres sur les toilettes sèches. Le catalogue d'Henry Moule propose entre autres des toilettes qui déversent de façon automatique une quantité de terre définie, un toilette chauffant pour supprimer les odeurs, des dispositifs ventilés et d'autres modèles plus basiques pour les collectivités. [18]

La publication des travaux de Pasteur sur les microbes portent un coup fatal au développement des toilettes sèches, et en 1880, en conséquence de «La Grande Puanteur», une loi impose le tout à l'égout à Paris.

Toilettes publiques

La dernière vespasienne de Paris, localisée boulevard Arago, derrière le mur de la Prison de la Santé.

Les toilettes publiques peuvent être individuelles ou collectives.

Lorsque les toilettes sont collectives, elles présentent des boxes fermés par des cloisons individuelles, mais aussi des lavabos dans un secteur scindé, où typiquement d'autres personnes du même sexe sont présentes, mais quelquefois complètement mixtes.

Les équipements réservés aux hommes ont fréquemment des urinoirs scindés, fixés au mur conçus pour un utilisateur seul, ou un bassin ou une cuvette pour l'usage collectif. Des urinoirs fixés au mur sont quelquefois scindés par de petites cloisons pour préserver l'intimité, c'est-à-dire pour masquer la vue des parties génitales de l'utilisateur.

À Paris, elles étaient dénommées vespasiennes, ou encore tasses dans l'argot homosexuel, et ne présentait que des urinoirs. Elles apparaissent en 1834 par la volonté du préfet de la Seine, le comte Claude-Philibert de Rambuteau. Raillé par l'opposition, qui a bien vite baptisé l'édicule «colonne Rambuteau», ce dernier lance l'expression «colonne vespasienne», en mémoire de l'empereur Vespasien, à qui on avait attribué l'établissement d'urinoirs publics, à Rome. Les sobriquets se multiplient. «“Les édicules Rambuteau” s'appelaient des pistières. Probablement dans son enfance n'avait-il pas entendu l'o, et cela lui était resté. Il prononçait par conséquent ce mot incorrectement mais perpétuellement» (Marcel Proust, Le Temps retrouvé, p. 749). Contemporains de Proust, des homosexuels du 16e arrondissement utilisaient le terme codé de baies, plus chic que l'argotique tasses, d'autres, plus populaires, les avaient baptisées Ginette. Celui de pissotière, en référence au «trou dans la muraille d'un navire pour laisser s'écouler l'eau de surface», est resté.

La fin de la gratuité des toilettes publiques parisiennes fut votée par le Conseil de Paris le 28 janvier 1980, et les quatre premières sanisettes payantes furent construites, et un contrat de concession de ces sanisettes (marque déposée en 1980) entre la Mairie de Paris et la société JC Decaux fut signé en 1991.

Toilettes payantes

Quelques toilettes publiques peuvent être utilisées gratuitement, mais d'autres exigent un paiement. Ce dernier peut être réalisé de plusieurs façons :

  • dépôt sur un plat sans surveillance,
  • dépôt dans une boîte avec une fente,
  • dépôt dans la fente d'un tourniquet ou d'un ressort porte,
  • via un préposé, couramment nommé Dame-pipi qui est fréquemment aussi responsable du nettoyage.

L'utilisation des toilettes publiques payantes est à l'origine de l'euphémisme britannique pour la miction, «to spend a penny» (dépenser un sou).

Dans énormément de gares et de stations de bus, des toilettes payantes ont été installées pendant les années 1950 et 1960, mais nombre d'entre elles ont été supprimées ensuite en raison du vandalisme sur le mécanisme des monnayeurs.

Toilettes publiques scindées par sexe

en Bombay

La séparation par sexe est si caractéristique des toilettes publiques que des pictogrammes symbolisant un homme ou une femme sont employés pour les distinguer. Ils ont quelquefois été critiqués pour perpétuer des stéréotypes.

Les toilettes publiques scindées par sexe sont une source de difficulté pour certains, par exemple, les personnes accompagnées d'enfants du sexe opposé ou des hommes s'occupant de bébés lorsque seule la salle de toilette réservée aux femmes a été équipée d'une table à langer prévue pour le changement de couche culotte.

Il est fréquemment complexe de négocier les toilettes publiques scindées par sexe pour les transgenres ou les personnes androgynes, qui sont fréquemment sujettes à l'embarras, au harcèlement, ou alors à des problèmes avec la police. Des personnes transgenre ont été arrêtées pour l'usage non seulement des salles de bains qui correspondent à leur genre d'identification, mais également de ceux qui correspondent au genre qu'elles ont été assignées à la naissance.

Un certain nombre de bâtiments ont des toilettes publiques additionnelles de genre neutre. On en trouve aussi (mais rarement) dans les institutions homosexuelles ou transgenres et dans les universités ; plus fréquemment ces toilettes existent pour une raison différente — elles sont marquées, pas pour être pour des femmes ou des hommes, mais pour les personnes handicapées, et sont en juste proportion équipées pour permettre aux personnes se déplaçant en fauteuil roulant de les employer.

Un autre problème soulevé est celui du nombre insuffisant des toilettes pour femmes. En effet, les architectes prévoient généralement une superficie et un nombre de cabines identique pour les deux sexes, alors que les hommes utilisent moins les cabines que les femmes. D'autre part les femmes passent en moyenne plus de temps dans les toilettes que les hommes, allongeant toujours les temps d'attente. Certains lieux publics aux États-Unis et en Chine en tiennent compte et attribuent les cabines selon un rapport H/F variant de 2/3 à 1/5 selon le lieu. [19]

Les toilettes des logements privés ne sont quasiment jamais scindées par sexe.

Toilette d'un Bœing 747.

Toilettes dans les transports en commun

On trouve généralement des toilettes dans les avions et les aéroports, dans les trains (sauf le cas de trains à parcours limité, du type trains de banlieue) et les gares, fréquemment dans les autobus interurbains et les bacs, mais pas dans les métros, ni dans les trams et les autobus urbains.

Dans les trains, les toilettes respectant les traditions évacuent directement les déjections sur la voie, d'où la notification qui apparaît dans énormément de toilettes de train : «SVP, n'utilisez pas les toilettes quand que le train est à l'arrêt». Dans les trains modernes, les toilettes sont équipés de WC chimiques qui font l'objet de vidange dans les stations d'entretien des gares terminus.

Dans les avions, du fait de la pressurisation, les eaux usées sont stockées durant le vol et sont évacuées lors de l'atterrissage par des camions conçus pour cet effet.

Toilettes dans le monde

Toilettes extérieures amish.

Les formes et dispositions des toilettes fluctuent selon les pays et les cultures, surtout à cause des habitudes de défécation : la posture fluctue (assise ou accroupie), de même que la méthode de nettoyage anal (avec du papier toilette, de l'eau, ou des objets divers) et l'attitude fécophile ou fécophobe (qui influence l'utilisation ultérieure des excréments).

Allemagne et Hongrie

En Allemagne, ainsi qu'en Hongrie, on utilise plus volontiers la cuvette à fond plat, qui évite les projections et qui permet d'examiner les fèces à la recherche d'éventuelles anomalies ; accessoirement, cela permet aussi de pratiquer bien plus aisément des tests de recherche du cancer du côlon.

Japon

Les toilettes japonaises actuelles sont connues pour leurs fonctionnalités avancées, qui peuvent inclure un jet d'eau de lavage, une commande électronique, une ventilation, etc.

New-York et ailleurs aux États-Unis d'Amérique

En 2005, New-York a adopté une loi - Women's Restroom Equity Bill - qui oblige l'ensemble des nouveaux bâtiments publics à offrir deux fois plus de toilettes pour femmes que de toilettes pour hommes. La loi s'applique aussi aux vieux bâtiments quand leurs propriétaires entreprennent des rénovations majeures.

Bidonvilles

Dans les bidonvilles où l'assainissement est fréquemment défectueux, le terme de « toilettes volantes » décrit l'utilisation de sacs plastiques pour la défécation, jetés au hasard une fois la nuit tombée.

Divers

Annexes

Bibliographie

  • Maggie Black et Ben Fawcett, The Last Taboo : Opening the Door on the Global Sanitation Crisis, Earthscan, Londres, 2008 (ISBN 978-1-84407-544-7) [prés. en ligne]
    Traite de la crise sanitaire actuelle en la remettant dans la perspective de la révolution sanitaire et du développement. Cité dans les notes comme «Black & Fawcett».
  • Uno Winblad & Mayling Simpson-Hébert (éds. ), Ecological Sanitation, 2e édition, Stockholm À peu prèsment Institute, 2004 (ISBN 91-88714-98-5) [lire en ligne]
    Référence pratique sur les toilettes écologiques. Cité dans les notes comme «Winblad & Simpson-Hébert».

Notes et références

  1. WHO & Unicef, Meeting the MDG Drinking Water and Sanitation Targets : The Urban and Rural Challenge of the Decade, WHO/Unicef Joint Monitoring Programme, Genève & New York, 2006 [lire en ligne].
  2. abcdefgh Black & Fawcett, chapitre 1, «A short story of the unmentionable», pp. 1-32.
  3. Assemblée générale des Nations unies, Résolution 192 session 61, 20 décembre 2006, page 2 [lire en ligne].
  4. Voir TLFI
  5. Voir TLFI
  6. Voir TLFI
  7. Voir la sur le TLFi.
  8. ab Harold Farnsworth Gray, «Sewerage in ancient and medieval times», dans Sewage Works Journal, vol. 12, n°5, p.  939-946, 1940.
  9. Lucinda Lambton, Temples of Convenience and Chambers of Delight, Pavilion Books, Londres, 1995.
  10. Suétone, Vie du divin Vespasien, XXIII, 4-5 : «Comme son fils Titus lui reprochait d'avoir eu l'idée d'imposer même les urines, il lui mit sous le nez la première somme que lui rapporta cet impôt, en lui demandant :"s'il était choqué par l'odeur", et Titus lui répondant négativement, il reprit : “C'est néenmoins le produit de l'urine. ”» (traduction H. Ailloud, CUF, Paris, 1980, p. 66). Dion Cassius, LXVI, 14 reproduit l'anecdote.
  11. Liu Jiaya & Wang Jungqi, «The practice, problem and strategy of ecological sanitary toilets with urine diversion in China», dans First Mondial Conference on Ecological Sanitation, novembre 2001, Jiusan Society & Unicef.
  12. ab David Eveleigh, Bogs, baths and basins : the story of domestic sanitation, Sutton Publishing, 2002, Stroud (UK).
  13. Winblad & Simpson-Hébert, chapitre 3 «Eco-San examples», pp. 21-52.
  14. Jean-François Pinera & Lisa Rudge, «Water and sanitation assistance for Kabul : A lot for the happy few?», 31e conférence du WEDC, Kampala, Ouganda [lire en ligne].
  15. François de La Rochefoucauld, A Frenchman's Year in Suffolk, 1784, traduit et publié par Norman Scarfe, 1988, Suffolk Records Society, vol. XXX.
  16. Stephen Halliday, The Great Stink of London, Sutton Publishing, Stroud, 1999
  17. Voir David Barnes, The great stink of Paris and the nineteenth-century struggle against filth and germs, The Johns Hopkins University Press, Baltimore, USA, 2006 (ISBN 0-8018-8349-0) .
  18. Didier Bourrut - Association Toilettes du monde
  19. China. org. cn 27-4-2006 Nouvelles règles taiwanaises Les toilettes publiques de Shanghai China. org. cn 11-2005

Filmographie
  • La fabuleuse histoire des excréments : Documentaire de Quincy Russell, durée 3x43 minutes, 2007 ; diffusé en France par Arte [prés. en ligne].

Liens externes

Recherche sur Amazone (livres) :



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