Vespasienne

Une vespasienne est un WC public collectif où les hommes peuvent uriner debout, localisé sur les trottoirs publics ou dans des aires publiques telles que les parcs.



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La dernière vespasienne parisienne du boulevard Arago, devant la Prison de la Santé.
Vespasienne de style respectant les traditions à Vigo (Espagne)

Une vespasienne est un WC public collectif où les hommes peuvent uriner debout, localisé sur les trottoirs publics ou dans des aires publiques telles que les parcs. Ce genre d'urinoirs, équipé de cloisons pour préserver l'intimité, dispose quelquefois de chasses d'eau. Les premières sont créées en 1834, et elles laisseront dès 1980 la place aux sanisettes aussi adaptées à un usage féminin.

Au cours de leur histoire, les vespasiennes ont été utilisées par les homosexuels masculins mais également par les Résistants (durant la Deuxième Guerre mondiale) comme lieux de rencontre discrets[1]. Plusieurs écrivains, dont Roger Peyrefitte et Jean Genet, ont mentionné dans leurs ouvrages le rôle des vespasiennes dans l'univers gay, et le sociologue américain Laud Humphreys a consacré un essai à ce sujet[2].

Histoire

La vespasienne doit son nom à l'empereur romain Vespasien (9-79) qui avait décidé de lever un impôt sur la collecte d'urine utilisée par les teinturiers. Moqué pour cet impôt, il répondit : «L'argent n'a pas d'odeur» («pecunia non olet»), phrase devenue proverbiale[3].

À Paris

Le préfet de la Seine, le comte Claude-Philibert de Rambuteau, les introduit à Paris et en 1834, il en fait installer 478 sur les trottoirs de la ville. Il les appelle colonne vespasienne pour contrer l'opposition qui les appelait colonne Rambuteau. Les appellations pittoresques se diversifient.

«“Les édicules Rambuteau” s'appelaient des pistières. Probablement dans son enfance n'avait-il pas entendu l'o, et cela lui était resté. Il prononçait par conséquent ce mot incorrectement mais perpétuellement.»
    — Marcel Proust, Le Temps retrouvé, p. 749.

À cette époque, des homosexuels du 16e arrondissement les nomment «baies», plus convenable que «tasses» (plus argotique) [1]. Dans les milieux plus populaires, on les avaient baptisées «Ginette». Le terme de pissotière, en référence au «trou dans la muraille d'un navire pour laisser s'écouler l'eau de surface», est resté.

Une colonne Morris photographiée par Eugène Atget, Paris, 1910

En 1839, le préfet de police Gabriel Delessert autorise l'installation des «colonnes moresques», supports d'affiches à l'extérieur et urinoirs à l'intérieur. Sous le Second Empire, Jean-Charles Alphand peaufine l'installation en isolant l'intérieur du regard par un écran et en éclairant l'intérieur avec un bec de gaz. L'édicule est redessiné par Gabriel Davioud, qui remplace la maçonnerie par une structure en fonte. À la fin des années 1860, les deux rôles (affichage et toilettes publiques) sont dissociés : les «colonnes urinoirs» sont remplacées en 1868 par les colonnes Morris pour l'affichage et par les vespasiennes pour les lieux d'aisances[4].

Dans son roman Des Français, un long chapitre est consacré à ces édicules par Roger Peyrefitte qui, pour reprendre une des ses propres phrases, «payait peut-être un tribut de reconnaissance pour un organe autre que la vessie». Selon lui, c'est au lendemain de la Libération que les gouvernements décident de supprimer ces lieux de rendez-vous qui pervertissaient le moral du pays. «Les vespasiennes les plus proches des casernes disparurent les premières : il y allait du salut de la France. On supprima aussi aux abords des usines des vespasiennes prolétaires où de jeunes apprentis prodiguaient des joies coupables aux ouvriers syndiqués.» La menace se fait plus sérieuse en 1961 lorsque le conseil municipal de Paris décide leur suppression graduelle à cause de la mauvaise réputation de ces lieux et de l'odeur pestilentielle qui en émane. Selon Peyrefitte il y eut une accalmie : «Une ligue, menée par un Anglais puritain, et les doléances d'honnêtes pisseurs ont permis d'arrêter le massacre.» Mais ce n'est qu'un répit : le Conseil de Paris a voté le 28 janvier 1980 la fin de la gratuité des toilettes publiques parisiennes, et les quatre premières sanisettes payantes furent construites. Un contrat de concession de ces sanisettes (marque déposée en 1980) est signé en 1991 entre la mairie de Paris et la société Decaux.

À l'occasion des premières échéances de ces contrats (prévus pour une durée de 10 ans), la mairie de Paris négocie avec la société JC Decaux la gratuité d'accès aux sanisettes localisées proches de lieux de distribution alimentaire (en faveur des plus démunis et surtout pour des raisons d'hygiène, de dignité et de propreté... et pour les Parisiens généralement).

Cette tendance s'est accentuée depuis 2002 à la faveur de l'échéance de nombreux contrats de sanisettes JC Decaux. La généralisation de la gratuité a été mise en place à proximité des squares, parcs et jardins. Actuellement dans Paris, plus de 200 de ces édicules sont gratuits et accessible aux personnes à mobilité réduite.

Vespasienne de la ville de Limbourg (Belgique).

De par le monde

Depuis les années 1990, elles ont été remplacées dans la majorité des grandes villes du monde par des toilettes publiques individuelles payantes, mais à Hambourg ou à Amsterdam, le principe subsiste, dans une adaptation plus particulièrement élaborée, et moins odorante.

Littérature

Dans Topaze (1928), la pièce de Pagnol, une «pissotière» à roulettes joue un rôle non négligeable. Quelques années plus tard, en 1934, le roman de Gabriel Chevallier, Clochemerle, débute par un conflit à propos d'une vespasienne.

Notes

  1. ab Marianne Blidon, «La dernière tasse», EspacesTemps. net, Mensuelles, 01.01.2005.
  2. Voir une recension de l'ouvrage Le Commerce des pissotières.
  3. Suétone, Vie de Vespasien, XXIII et Dion Cassius, Histoire romaine, LXV (épitomé), 14, 5. «Son fils Titus lui reprochait d'avoir mis un impôt sur les urines. Il lui mit sous le nez le premier argent qu'il perçut de cet impôt, et lui demanda s'il sentait mauvais. Titus lui ayant répondu que non : "C'est néenmoins de l'urine", dit Vespasien» (Suétone).
  4. «Des colonnes dans la rue».

Bibliographie

Liens externes

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